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Le Déterreur d'Aïeux

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Comprendre et analyser un testament sous l’Ancien Régime : l’exemple de la famille Boden (Liège, 1663)

Le 6 novembre 1663, Guillaume Boden est malade. Dans sa maison de Grand-Axhe, cet homme qui porte les titres de capitaine et d’échevin fait venir le notaire Paulus Stephani. À ses côtés se tient son épouse, Cécile de Fraisne. Tous deux vont régler ensemble le sort de leurs biens, protéger le dernier vivant et distribuer terres, maisons et rentes entre leurs enfants.

Cinq ans plus tard, le testament reparaît devant le mayeur et les échevins de la Haute et Souveraine Justice de Liège. Le texte de 1663 est alors recopié dans un acte de réalisation daté du 10 mars 1668. Ce double passage devant le notaire puis devant la justice transforme une affaire familiale en une pièce exceptionnelle pour la généalogie.

Qu’est-ce qu’un testament sous l’Ancien Régime ?

Le testament est l’acte par lequel une personne organise ce qui devra arriver après sa mort. Elle peut y répartir ses biens, confirmer une donation, protéger son conjoint, prévoir la tutelle des enfants ou imposer des conditions aux héritiers. Les règles varient selon les lieux, les coutumes et la nature des biens. Un testament liégeois du XVIIe siècle ne se lit donc pas avec le Code civil actuel.

Lire notre article sur les testaments

Celui de Guillaume Boden et Cécile de Fraisne est un testament conjoint. Les deux époux parlent d’une même voix et préparent ensemble l’avenir du ménage. Guillaume est malade, mais le notaire précise qu’ils sont tous deux « en leurs bons sens, mémoire et entendement ». La formule établit leur capacité à décider librement.

La maladie explique sans doute l’urgence. Elle ne prouve pas que Guillaume soit mort peu après. Un testament indique qu’une personne se savait mortelle, parfois souffrante, pas qu’elle se trouvait nécessairement à l’agonie.

Pourquoi le testament de 1663 est-il enregistré en 1668 ?

Le document contient deux dates. Les dernières volontés sont reçues à Grand-Axhe le 6 novembre 1663 par Paulus Stephani, notaire et commissaire de la ville de Waremme. Le 10 mars 1668, Jaspar Depas comparaît devant le mayeur et les échevins de la Haute et Souveraine Justice de Liège afin de « renouveler et réaliser » l’acte selon les solennités requises.

Il ne s’agit pas forcément d’un nouveau testament. La juridiction reprend celui de 1663 pour lui donner l’efficacité attendue devant la justice et pour en assurer la conservation. Cette distinction change tout pour la chronologie familiale : les enfants, les biens et les situations religieuses décrits dans la copie renvoient d’abord à l’état de la famille en 1663.

Pour le généalogiste, cette construction fournit deux pistes : la minute notariale primitive et sa réalisation judiciaire. Les deux versions peuvent présenter des variantes, des annotations ou des pièces annexes.

Une famille de la bonne société rurale hesbignonne

Guillaume Boden n’est pas présenté comme un simple cultivateur. Il est qualifié d’« honorable », capitaine et échevin de Grand-Axhe. Son patrimoine s’étend dans plusieurs localités de Hesbaye et jusqu’à Saint-Trond. Le couple possède ou contrôle deux censes, des maisons, des jardins, des terres, un bois, un verger, un pré et un portefeuille fourni de rentes.

La cense désigne ici un ensemble d’exploitation rurale comprenant maison, bâtiments, jardins, terres et dépendances. Celle de Grand-Axhe revient à François. Celle de Bettincourt est destinée à Guillaume. Ces deux noyaux concentrent l’essentiel de la stratégie successorale. C’était d’ailleurs là une coutume propre à l’Ancien Régime : si un ou plusieurs fils héritaient d’une part plus importante du capital, notamment par le biais de l’exploitation des fermes ou entreprises familiales, ils héritaient cependant aussi de rentes à verser aux autres frères en compensation.

Le couple ne vit pas seulement du travail direct de la terre. Plusieurs personnes lui doivent chaque année de l’argent ou de l’épeautre. Hendrick van der Leyden, Jean de Jardin, Guillaume de Jardin, Jean de Jardin dit Mathot, Jean Desie et d’autres débiteurs apparaissent ainsi dans le testament. Derrière cette liste se dessine un réseau de créances qui relie les Boden aux familles des environs.

Ce que chaque enfant reçoit

Huit enfants sont nommés. Le partage ne consiste pas à découper chaque bien en huit parts identiques. Les parents composent des lots de nature différente, adaptés aux établissements déjà réalisés, aux vocations religieuses et à la volonté de maintenir les deux censes dans la famille.

EnfantBien ou avantage principalCe que l’acte révèle
FrançoisLa cense de Grand-Axhe avec maison, jardins et terresIl reçoit l’un des deux grands ensembles patrimoniaux, avec ses charges.
GuillaumeLa cense de Bettincourt et ses dépendancesIl reçoit le second noyau de l’exploitation familiale.
MarieUne rente annuelle de cent florins brabantSon lot prend la forme d’un revenu plutôt que d’un domaine foncier.
LambertUn jardin arboré près du moulin de Hollogne et le pré des ArchersSon lot comprend des biens productifs, avec des droits à régler envers des tiers.
HendrickUn bois au Grand Bruy, des terres et plusieurs rentesSon lot mêle propriété foncière et revenus en argent ou en épeautre.
GérardUn ensemble de rentes dues par plusieurs débiteursIl reçoit surtout des créances, dont certaines sont convertibles en monnaie.
JeanDes terres, des droits immobiliers à Saint-Trond et le solde de certaines ventesSon lot dépend de son état de vie et de sa persévérance chez les Franciscains.
AnneUne donation antérieure et une fourniture annuelle de houilleElle vit dans un béguinage ; l’avantage en charbon dure pendant sa vie et son séjour dans cette communauté.

Ce tableau ne permet pas d’affirmer que les huit lots ont la même valeur. Il montre surtout que les parents raisonnent en fonctions sociales : exploiter une cense, percevoir une rente, poursuivre une vie religieuse, disposer d’un revenu ou d’un chauffage annuel.

Muid, setier, verge et rente : comprendre le vocabulaire

Les testaments anciens parlent une langue économique devenue étrangère, en particulier dans ce testament qui mêle non seulement le vocabulaire d’Ancien Régime à celui, plus local, de la région liégeoise. Dans celui-ci, une partie des revenus est calculée en florins brabant, patards et liards. D’autres rentes sont exprimées en muids ou en setiers d’épeautre.

Le muid et le setier sont des mesures de capacité. Leur valeur change selon la région et parfois selon la marchandise. Il serait imprudent de convertir les quantités sans identifier la mesure employée par la juridiction concernée. Le testament montre d’ailleurs que certaines rentes en grain sont « réductibles » : elles peuvent être acquittées par une somme d’argent fixée ou convenue.

La verge sert ici à mesurer des terres. Les mentions de charges signalent qu’un bien n’est pas toujours transmis libre de toute obligation. Une parcelle peut devoir chaque année un muid ou plusieurs setiers d’épeautre à un seigneur, à une institution ou à un particulier.

Quant aux « joindants », ce sont les voisins ou les biens qui touchent la parcelle. Leur relevé est précieux : il permet de replacer une terre dans le paysage et de suivre ses propriétaires dans les actes fonciers. C’est d’ailleurs l’une des utilités de l’analyse des testaments : voir la géographie de tout un village.

Le testament protège d’abord le dernier vivant

Guillaume Boden et Cécile de Fraisne accordent une large marge de manœuvre à celui qui survivra. Le dernier vivant prend en charge les funérailles. Il peut jouir de certains revenus, vendre ou engager plusieurs rentes et disposer des successions qui tomberaient au couple sans avoir encore été recueillies.

Quatre muids d’épeautre sont aussi réservés au survivant : trois sur la cense de Grand-Axhe et un sur celle de Bettincourt. S’ils ne sont ni vendus ni engagés, ils s’éteindront à son décès au profit des détenteurs des deux censes. Le montage évite de priver immédiatement le conjoint de ressources tout en préparant le retour des revenus vers les exploitations familiales.

Comment les parents maintiennent les biens dans la famille

Le passage le plus révélateur concerne la mort éventuelle d’un enfant sans « hoirs légitimes », autrement dit sans descendants reconnus par le droit. Sa part doit revenir aux possesseurs des deux maisons de Grand-Axhe et de Bettincourt. Si François meurt sans descendance, Lambert doit lui succéder. Un mécanisme comparable est prévu pour Bettincourt, avec passage au fils suivant.

Le but se lit aisément : empêcher le morcellement ou la sortie des deux exploitations principales. Les terres secondaires et les rentes peuvent être réparties. Les censes, elles, forment l’ossature du patrimoine. Les parents essaient de les faire durer au-delà d’une seule génération.

Jean et Anne : deux vocations religieuses dans la famille

Jean a été « appelé à Saint-François ». Il semble avoir rejoint les Franciscains, sans que la transcription permette de préciser la maison religieuse. Ses parents envisagent encore plusieurs chemins : mariage, vie particulière, prêtrise, canonicat ou persévérance dans son état religieux. Son lot doit notamment couvrir ses frais.

Anne vit dans un béguinage. Une donation antérieure est maintenue et une « charretée de houille » lui est promise chaque année tant qu’elle y demeurera. Ce legs très concret rappelle ce que représente le patrimoine : pas seulement des titres et des terres, mais aussi de quoi se chauffer.

Le testament prévoit même le cas où d’autres enfants choisiraient la religion. Ils pourront vendre leur part pour financer ce qui leur sera nécessaire. La vocation spirituelle a donc un coût, anticipé par les parents.

Qui sont les mambours désignés dans le testament ?

Les époux nomment quatre mambours pour leurs enfants. Dans l’ancien droit liégeois, le mambour est un tuteur ou un curateur chargé de protéger les intérêts et les biens d’un mineur. Le choix dessine un équilibre entre les deux lignées.

  • Du côté de Guillaume Boden : Gérard Boden, son frère, et Jean d’Angleur, son cousin.
  • Du côté de Cécile de Fraisne : Lambert Lismont et Lambert de Fraisne, présentés comme frère et beau-frère.

Ces quatre hommes forment le conseil familial appelé à défendre les enfants si les parents disparaissent. Leurs noms peuvent conduire à des actes de tutelle, à des comptes de gestion et à d’autres branches de l’arbre.

La religion dans un testament du XVIIe siècle

Le texte s’ouvre par « In nomine Domini, Amen », au nom du Seigneur. Les époux recommandent leurs âmes à Dieu, à la Vierge, à sainte Barbe, à saint Michel, à saint Guillaume, à leur ange gardien et à toute la cour céleste. Ils demandent à être enterrés près de leurs parents dans le cimetière de Grand-Axhe.

La demande funéraire reste sobre : l’inhumation devra se faire « à moindre frais que faire se peut », selon la décision du dernier vivant. Cinq patards sont laissés à la fabrique de Saint-Lambert, la cathédrale de Liège, et son très puissant chapitre de chanoines. Le testament prépare donc le salut des âmes tout en gardant un œil très terrestre sur la dépense.

Ce que ce testament apporte à une généalogie

Un registre paroissial pourrait donner les baptêmes et les sépultures. Le testament reconstitue le fonctionnement de la famille, sa structure économique, voire même sa géographie. On y trouve :

  • les noms de huit enfants et leur place dans la succession ;
  • le frère et le cousin de Guillaume, ainsi que des parents de Cécile ;
  • les états religieux de Jean et d’Anne ;
  • les deux centres du patrimoine, Grand-Axhe et Bettincourt ;
  • des biens situés à Hollogne, Saint-Trond et dans plusieurs terroirs voisins ;
  • des débiteurs, des voisins, des témoins et un alias ;
  • des donations antérieures et des actes à rechercher ;
  • la stratégie prévue en cas de décès sans descendance ;
  • les lieux où ils vivaient, leurs voisins et dépendances.

L’acte a été passé dans la maison de Guillaume Boden. Parmi les témoins figure Guillaume Milot, pasteur de Grand-Axhe, accompagné de Cécile Bonnebosse de Roclenge et d’Élisabeth Jowette de Louchamps. La scène se déroule donc au domicile du malade, entouré d’un notaire, du curé et de témoins venus garantir sa volonté.

Comment analyser un testament ancien en généalogie ?

  1. Distinguer toutes les dates. Séparez la rédaction, le codicille, l’ouverture, l’approbation et l’enregistrement.
  2. Identifier chaque personne. Notez les liens de parenté tels qu’ils sont écrits, sans compléter trop vite avec l’arbre.
  3. Classer les biens. Séparez maisons, terres, rentes, créances, meubles et droits successoraux.
  4. Relever les charges. Un bien grevé d’une rente ne vaut pas un bien « franc et libre ».
  5. Cartographier les lieux. Les villages, lieux-dits, moulins et voisins permettent de suivre le patrimoine dans d’autres registres.
  6. Étudier les conditions. Veuvage, mariage, profession religieuse ou décès sans enfant peuvent modifier entièrement la transmission.
  7. Chercher les actes cités. Donations, ventes de rentes, titres de propriété et commissions complètent souvent le testament.
  8. Comparer avec la succession réelle. Un testament exprime une volonté. Seuls les actes postérieurs montrent comment elle a été exécutée.

Où trouver un testament ancien à Liège ?

Pour une recherche dans l’ancienne principauté de Liège, il faut explorer plusieurs producteurs d’archives : notaires, cours locales, officialité et Souveraine Justice des Échevins de Liège. La nature des biens et la procédure suivie déterminent la série où l’acte a été conservé.

Les inventaires sont consultables dans AGATHA, le moteur de recherche des Archives de l’État en Belgique. Les documents d’Ancien Régime concernant Liège et sa principauté se consultent notamment aux Archives de l’État à Liège. Pour comprendre les registres aux œuvres de la Souveraine Justice, la présentation scientifique de Scabinatus 4000 offre un excellent point d’entrée.

Pourquoi rechercher les débiteurs et les témoins ?

Parce qu’ils appartiennent souvent au voisinage économique ou familial du testateur. Un débiteur peut être un fermier, un acquéreur, un parent ou le détenteur d’un bien grevé. Un témoin peut mener à une alliance, à une paroisse ou à un autre acte notarié.

Le testament de Guillaume Boden et Cécile de Fraisne ne livre donc pas seulement une liste d’héritiers. Il dessine une maison rurale solidement implantée, deux exploitations à préserver, des enfants engagés dans des voies différentes et tout un réseau de parents, religieux, voisins et débiteurs. Trois siècles et demi plus tard, la famille recommence à respirer entre les lignes.

Retranscription approximative du testament

(1)

Testament Guillheaume Boden
Lan mille six cents soixante huict du mois de
mars le dixieme jour comparut personellement devant
nous mayeur et eschevins de la haulte et souveraine
justice de Liege Jaspar Depas lequel effectuant le
charge et commission luy donnee et attribuee par Honble
Guillheaume Boden capitaine et Eschevin de grant axhe
et Madelle Cecile de fraisne sa compagne, ainsy que de
ce nous at fait paroistre par act passe devant Paulus
Stephany en qualité de note en daete du sixième de
novembre mille six cents soixante trois qui sera cy
embas insere at renouvelle et realise par les solemnités
requises de testament et ordonnance de derniere volonté
faict par les susnomme ainsy que ledit act porte qui
sensus et est tel: In nomine Dni Amen par
la tenure du pnt publicque instrument soit cognu a
un chascun que sur l’an de la Ste nativité nre Sr
Jesus Christ mille six cents soixante trois du mois
de novembre le sixieme jour sont pardevant moy
soubsignez pnts les tesmoins embas senommes perso
nellement Constituer double Guillhe Boden Capitaine
et eschevin de grantasche avec mademoiselle Cecile de
fraisne sa compagne, estans en leur bons sens memoire
et entendements, ledit Boden touteffois malade conside-
rants quil ny at rien plus certain que la morte ny sy
incertain que heure d’icelle, et ne veuillants partir de, et
monde sans avoir disposé des biens quil at pleu a Dieu
leurs prester en ce monde ont faict connuictement
leur testament et declaration de leurs dernieres volontés
et le faisent par cestes en la forme et maniere suivantes
premierement ou recommande leurs ames a Dieu
a la glorieuse vierge marie madame Ste Barbe
au Glorieux St Michel Ange et Archange a monseur
et deux leurs bons patron St Guillheamme, Ange
Guardien a tous les saincts et sainctes de Paradis
et a toutte la courte celeste demandant que leurs
corps soien enseveli en empres de leurs parens dans le
cemitiere de grant axie a moindre fraix que faire se peu
a la discretion du dernier vivant qui en debuera prendre
la charge, Item laissent a la fabricque monsieur St Lam
bert cincqs par tant une fois, item laissent après leur decés

(2)

a leur fils françois leur courte maison, iardins et terres
gissantes en territoire de grantaxe et laent honn
qu’on tousiours esté annexez et proviennent de la
cense de grantaxche tant seulement et ce parmy
paiant leurs charges et ay clauses et conditions
qui seront cy embas exprimees, item laissen aussy
a Guillgeanme leur fils la cense maison jardins
terres et apendices située a betincourt et laentour
aussy aux conditions suivantes et parmy paiant les
charges incombantes sur lesdits biens, item laissen
a marie leur fille cent fs bb rente annuel a
prendre hors du registre, Item laissent a leur fils
Lambert le Jardin arbore situe au lieu de Hollogne
proche du moullin dudit Hollogne voir quil debuera con-
tenter Lambert Dutour et Willhem Dutour sy que
reputant Guillheamme troveniers pour sa parte
fant seulement et quand aux arbres croissants
sur ledit fond lesdits Dutour [Peeters?] en ont eu leur pte
parmy paiant sur sa parte les droicts seigneuriaux
tant seulement aura aussy le pres que l’on dist le
preit des archers situez aussy en la haultheur de
Hollogne franc et libre contenant treng-verges ou
environ, Item laissem a leur fils Hendrick un bois
extant en la haultheur de Hollogne au lieu du grand
bruy contenant environ trengthuict verges grandes charge
de quattre stiers spe tan seulemen provenan
ledit bois en partie de feu sr Godefroid de Tombeur
et l’aultre par acqueste de leur cousin Houthem, Item six
verges et traise petites et un demy quartier libres peut
plus peu moins prinses hors d’une plus grande somme possedees
par Henrij de Wouck de Darion en la haultheur de St
servalen [?] on haunt, item quattre mardi spelte rente an lieu
de Lattine affectez sur une courte maison, iardin terres,
et appendices prius hors de six mands don de fresne frere de
la testatrice en tire les deux aultres, et soy debuera
d’iceulx contenter luy laissant aussy le pouvoir de
rechercher les fonds et gaiges, de quoij ledi de fraisne
en a les documents et aultres papiers. Item laissent a
leur fils Gerard deux muid reducibles que doibt et paie
Hendrick vander Leyden de Lattine qui se paiere pntement

(3)

a trois fs bban le muid, item douze stiers deyns
par les Reputans Jean de Jardin et trois stiers speaulte
deijns par les reputans Guillheamme de Jardin le tou
aussy reducible. Item deux fs bb trente deijns par les
Reputans Guillhe de Jardin, Item quattre stiers
spelte aussy reducibles deijns par Jean de Jardin alias
mathot pour lesquels paie pntement deux fs bb patar
trois liards bbant item vingt cinq pay bb de rente
deyns par luy mesme, item quattre, jours spelte aussy
reducibles qui se paient a vingt cincqs patx degus par
Jean Desie, Item deux partes jors de dix fs et cinq
paty bbans rente que doibt un des reputans n. Plompteux
en son vivant mayeur de Latine affectez sur la maison
iardins, appen et aptes situee au lieu de Latine
coe predict est. Item dix fiers spelte que doib
mre Nicolas Goffar Parteur de Hollogne sur
Geere et paie pour iceulx dix fan bbant sa vicarie
durante tant seulement et en apres lon les doibt en
especes, item quattre stiers spe fouriers que doibt
la Rote Lambert le Corbesier de Hollogne sur
geere et touttes aultres rentes que trouvees seron
au delfus de la donation faicte a Anne et Marie
Item un muid hors de trois mind que paiet pntement
rais Dethier de Holloigne sur Geer a la Rude mere
prieuse de Lens les beghines soeure de la testatrice
sa vicarie durante tous seulement et apres retour
veut un desdits minde a la testatrice ou ses reputant
un aux reputans sr Lambert de Fraisne et le
troisieme a Danile Agnes de Cowareme leur demye soeure
et quan aux quarante fs rente que laditte dame
priense tire encor pntement sur la generalité des biens
dudit testateur sa vicarie durante apres le deces d’icelle
seront extincts au proffit de tous les enfans susnommes
et a nommer. Item aura encor quattre stiers spelte son
ciere que doibt nicolas Ontheus de heere livrement de huy
Item laissent a leur fils Jean pour sa parte premierement
neuf verges et sept verges de lige terre extans en territoire
de Hollogne et ce entre Holloigne et Oumael entre leurs

(4)

joindants coe aussy dix verges ligges en lieu quon dice
Laurent entre Hollogne et grant axie entre leurs
joindants. Item onse verges en la mesme haultheur
et plus vers le bois chargées d’un muid spelte coe aussy
trois verges a Backelaine chargees de trois quartes
spelte. Item telle parte que luy peut competter a une
maison et appendices sit née dans la ville de St Trond
en lieu condist derier le marche des porcques, et quan
a la maison a Camère et Jardin potagier coe aussy le
Cardin Jouceau a la maison possedee pntement par
Bronckar leur oncle presque du tout vendue laissent
la reste des deniers au proffit dudit Jean la tour en
cas que ledit Jean demeure au monde, ou se vienne
a marier, vivre a son particulier, coe prestre cha
nome ou aultre semblable estat honnest, mais coe
Dieu l’at appellé pntement a St Francois les Testa
teurs souhaittent que ce soit a son salut et sy Dieu
luy faire la grace de perseverer ledit Boden laisse
telle parte a sa femme pour la pouvoir vendre et
engager jusques a furnissement ent hier des fraix
qui seront trouvez liquides tant audit Jean que a sa
soeure Anne, et en cas que lesdits deniers ne soien
suffisants pour subvenir ausdits fraix le pouldron le
dernier vinan deulx deux prendre hors de la parte
françois pour le autant et hors de celle de Guillhe
laultre enfans a enthier furnissement et en cas quelle
au des cruys, elle en pouldra laditte damoiselle congr
et disposer a son proffit ou en disposer a celuy ou celles
que mieux le servira aura encor le dernier vinant
des deux testateurs trois muids spelte sur la cense
de grant axhe et un mind sur celle de Betincour pour
ainsy en jouyr vendre et engager sy faire le veult
et en cas que le dernier vivan ne les aijt vendu ou
engagé apres le decés d’iceluy dernier vivan lesdits
minds seront extincts au proffit de ceulx qui ont les
deux censes, scavoir lesdits trois muids au proffit de
celuy qui a la cense de grant asche et laultre au prof
de celuy qui a la cense de Betincourt et cas arrivaux
que quelque succession tombasse ausdits Testateurs ou fust

(5)

desia tombee de laquelle iceulx ne iouissent encor
veuillent quelles suivent au dernier vivant deulx deux
pour en user jouyr et disposer a son bon plaisir, sembla
blement sy quelcun des enfans icy denommez vien a
mourir sans laisser hoirs legitimes soit fils ou filles
telle parte retournera tousjours aux possesseurs des deux
maisons scavoir grant axhe et betincourt et a chascun
esgallemen et en cas que françois vienne a mourir
sans laisser aussy hoirs succedera Lambert, et ledi
Guilleaume se debuera tousjours contenter en cas quil
demeure en vie et sy Dieu l’appelloit et laisseron
françois en vie succederoit ledit Lambert a celle
de Bettincourt et ainsy en cas de mort de Lamber
succedera le suivant fils, et ainsy pour le plus
Jeusne fils renocquant par les testateurs tous aultres
arts quils pouldroient avoir faict allans au contraire
du premis, saime quils veuillent que la donation faicte
a leur fille Anne subsisté et forte ses pleins effects pour
sa parte attendu que la charrée de Houilles luy promise
ammellement ni s’extend davantage que la vie de laditte
Anne et tant quelle demeurera au beghinage ou elle est
conditionne encor que sy luy desdits enfans ou plusieurs
fussent appellez en religion quils pouldront vendre leur
parte pour furnir aux choses necessaires veuillants que
tout le premis sorte ses pleins et enthiers effects son
par forme de testament codicille declaration de derniere
volonte ou aultre qui peut en droict subsister, et sil y
avoir quelques formalités obmieses, veuillent quelles soient
tenues pour appossés denommants pour mambours de leurs
enfans le Sr Gerard Boden son frere et le Sr Jean
d’Angleur son cousin du costé du testateur, et le sr Lambert
Lismont et le Sr Lambert de Fraisne leur frere et
beaufrere du coste de sa femme, retenant par lesdits
Testateurs le pouvoir de changer, revocquer ou adder
au pnt testament comme ils trouveront a propos, et comme les
testateurs ont vendu cincquante fs de rente veuillent
que la cense de grant axhe porte lesdits cincquante et la
cense de Betincourt les vingt constituant pour le premi

(6)

renouveller pardevant touttes courtes ou besoin sera
tous porteurs de cestes et chascun d’eulx in soliones
faict passe et stipule a grant axhe en la maison
dudit sr Boden y pnts tesmoins veuble moi Guillhe
milot pasteur de grantasche et cecille bonne bosse
de Roclenge et Elisabethe Jowette de Louchamps
a ce requis ainsy signe a la minutte Guillheamme
Boden i Guillze Milot et Cecile de fraisne puis
soubsigne Paulus Stephani note et Commissaire de
la ville de Wareme au premis requis et sur mis
en garde

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